CHRISTIAN
chant, claviers, guitares





(comme c’est la tendance actuelle, il se peut que des fake news se soient glissées dans ce texte. Mais ne comptons pas sur Zuckerberg, l’ami soudain de Canard Trump pour les corriger.)
Le bébé Christian voit le jour, mais aussi la nuit à Rennes où il vivra longtemps avant de s’expatrier à la campagne, non loin de là. Alors qu’il s’ennuie prodigieusement sur les bancs de l’école, ne rêvassant qu’à tout ce qu’il pourrait faire dans sa chambre, débute la passion d’une vie, Disney. Mais, à partir de l’Ovni qu’est Fantasia, une myriade de passions vont éclore : les animaux, le dessin, les figurines et maquettes, et…la musique. Petit-fils d’un chef d’orchestre, ça devait arriver. Les bandes sonores de Mary Poppins ou Le Livre de la Jungle vont paver le chemin vers Alan Stivell, Michel Polnareff puis les Beatles. Il tombe à l’époque amoureux de Mary Poppins, du haut de ses 6 ans, mais plein de clairvoyance pour son âge, il sent bien que cela pourrait ne pas être réciproque.
Mais c’est après le split des Beatles que la musique prend une grande place dans sa vie d’ado. Alors qu’il se met laborieusement à la guitare, il est persuadé que ses premières chansons sur 3 accords touchent au génie, quand, en fait elles touchent le fond. Suite à des rencontres, de filles surtout, car la guitare a des vertus insoupçonnées, il s’embarque l’été 1975 dans un trip « je suis un hippie (à 2 balles), je porte une tunique, les cheveux longs, et même je brûle de l’encens au patchouli en susurrant ‘Hare Krishna’ » sur fond de Jethro Tull, Ange ou de « Imagine » en boucle. Qu’est-ce qu’il ne faut pas faire pour faire roucouler la donzelle… Krishna merci, le ridicule ne tue pas. Peut-être cette recherche de Peace and Love (surtout Love) fut la réaction à la cruelle déception d’avoir été jugé inapte au service militaire. Lui qui rêvait d’uniforme, de défilé le 14 juillet, de nettoyage de chiottes et de tir au pigeon ! Ces années restent une époque dorée, sans chômage, sans Sida, sans chemise, sans pantalon, mais avec Rika Zaraï (autrice de livres sur le bain de siège, rappelons-le), sans influenceurs, sans les Kardashian chiants, mais avec l’invention du siècle : le slow. Règle d’or : Bien choisir sa partenaire pour les 7 minutes de Stairway to Heaven…
Bientôt fan des Wings de Mc Cartney, de Jonasz, des Doobie Brothers, d’America, Elton John, et des Eagles, il se met à apprendre le piano, mais c’est pourtant à la batterie qu’il fait ses premières armes sur scène. Il obtient un réel succès auprès… de sa maman. C’est déjà ça. Il se définit comme une feignasse de la musique : apprendre le solfège, les gammes, tout cela l’ennuie terriblement. C’est ainsi que ses solos de guitare sur scène friseront l’escroquerie quand viendra l’heure de son vrai groupe, Hotel. Alors que tout le monde prie Saint Marquis de Sade à Rennes, Hotel est complètement à contre-courant, avec mélodies, chœurs et parfois guitares sèches. Ah les années 1980, au son du fantastique « da da da », summum de la créativité mélodique, sur des paroles inspirées, heureusement il y a aussi Tears for Fears, Level 42 et Sade.
C’est au travers de concerts improbables, vus soit par des centaines soit par des dizaines (voire des unités) de spectateurs qu’il rencontre Pascal et Fil qui viendront les épauler pour un concert à la Cité. Hotel est presque de passe tant les musiciens vont et viennent, mais surtout vont, à part son acolyte Dominique. Le groupe s’étiolera bientôt mais Christian trouvera une compensation dans le théâtre musical pendant 20 ans, composant aussi pour deux ballets de danse où il joue au milieu des danseuses, ce qui n’est pas franchement désagréable.
Alors qu’il se résignait à ne plus jouer en groupe, la lumière vint de Pascal venu lui demander de chanter sur ses maquettes de Steely Dan, groupe aimé des deux larrons, avant de fonder Route 70 West avec Michel et Philippe dont il partage la passion pour les goûters.
